Bonjour Julien ! Tout d’abord merci de nous accorder le 1er portrait pour la FAME ! Première question, simple, peux-tu te présenter?

Je m’appelle Julien Cahen, alsacien d’origine et parisien d’adoption! Je suis arrivé à Paris en 2005, après avoir fait mes études de droit à Strasbourg. Mes études de 3ème cycle m’ont orienté vers le notariat, avec une spécialisation particulière pour l’immobilier d’entreprise, des investisseurs institutionnels, banques et promoteurs.

D’accord et aujourd’hui quel poste occupes-tu chez C&C Notaires ?

J’ai rejoint C&C Notaires en 2011, à l’époque où l’étude était quasiment une « start-up » du notariat – sachant qu’elle compte aujourd’hui une équipe d’une soixantaine de personnes, dont la moyenne d’âge est d’une trentaine d’années. J’ai depuis progressé au niveau statutaire puisque de collaborateur, j’ai été nommé notaire salarié, pour maintenant devenir le premier des nouveaux associés, à la suite des trois fondateurs.

Félicitation c’est une belle carrière! Comment es-tu arrivé dans cette étude ?

Après avoir passé six ans dans des études réputées en droit immobilier, j’ai intégré l’aventure C&C Notaires en suivant l’un des fondateurs, avec lequel j’avais collaboré auparavant. 

Quelles sont les convictions que tu portes au sein de ton métier ?

Le métier de notaire couvre de nombreux aspects de la vie personnelle et de la vie des affaires, avec un fil conducteur lié à notre statut d’officier public et ministériel, celui de l’authenticité.

En effet, nous apportons la sécurité juridique requise à des actes majeurs de la vie civile, commerciale et financière, par délégation de l’Etat, et sous notre responsabilité personnelle et collective.

Ceci permet notamment d’anticiper et résoudre des difficultés, et d’éviter nombre de contentieux judiciaires dans les domaines dans lesquels nous intervenons.

Sur ce point, les débats de la loi du 25 ventôse an XI, contenant organisation du notariat, indiquaient déjà qu’ “à côté des fonctionnaires qui concilient et qui jugent les différends, la tranquillité appelle d’autres fonctionnaires, qui, conseils désintéressés des parties, aussi bien que rédacteurs impartiaux de leur volonté, leur faisant connaître toute l’étendue des obligations qu’elles contractent, rédigeant ces engagements avec clarté, leur donnant le caractère d’un acte authentique et la force d’un jugement en dernier ressort, perpétuant leur souvenir et conservant leur dépôt avec fidélité, empêchent les différends de naître entre les hommes de bonne foi et enlèvent aux hommes cupides avec l’espoir du succès, l’envie d’élever une injuste contestation. Ces conseils désintéressés, ces rédacteurs impartiaux, cette espèce de juges volontaires qui obligent irrévocablement les parties contractantes, sont les notaires. Cette institution est le notariat.

Tu m’apprends quelque chose là. Tu en parles avec une réelle passion! Et tu t’es spécialisé en quoi ?

Du fait de ma spécialisation, universitaire, puis pratique depuis mes débuts en 2006, j’interviens particulièrement dans l’accompagnement d’une clientèle française et internationale, d’investisseurs institutionnels, de promoteurs, et de banques, sur tous types d’actifs, et essentiellement sur des projets complexes, qu’il s’agisse de spécificités de fond, ou de contraintes liées à des facteurs plus extrinsèques tenant à leur environnement légal ou opérationnel.

Comment vois-tu ta l’évolution de ta profession ?

La Profession notariale s’adapte aux évolutions de la société, et va être amenée à faire face à de nombreux défis que nous a apportés le 21ème siècle. Je suis convaincu qu’elle saura allier ses valeurs, fondements de son utilité sociale, avec les mutations à venir, comme elle l’a fait par exemple en ce qui concerne les évolutions des pratiques d’investissement, du droit de la famille, ou en prenant très tôt le pli de la digitalisation.

tu sais aujourd’hui plus de 80% des actes signés par les notaires sont des actes authentiques électroniques et qu’il en a été à ce jour signé plus de 8 millions depuis leur lancement. La prochaine étape sera l’acte authentique électronique à distance, dont le premier a été signé en octobre dernier. Et bien entendu, nous continuerons à produire et délivrer un service de qualité, et à pérenniser la sécurité et l’efficacité juridique dont nous sommes les garants.

Que vais-je trouver de plus en me faisant accompagner par vos conseils ?

L’intervention d’un notaire, comme je le précisais, permet de bénéficier des avantages de l’acte authentique, et d’obtenir les conseils de professionnels reconnus dans leur domaine d’activité.

J’aurais tendance à dire qu’au-delà de l’image d’Epinal que le notariat a pu avoir, je fais partie de la génération actuelle de notaires, qui a su ajouter à nos compétences traditionnelles, un certain dynamisme – sans pour autant perdre en qualité. Nous misons clairement sur la compétence et le sérieux, en y ajoutant la disponibilité et la réactivité, très appréciées des clients.

C’est vrai que tu as un début de carrière aussi impressionnant que tu es jeune. As-tu une anecdote professionnelle à partager avec nous ?

Pas une anecdote en particulier – surtout qu’elles risqueraient de m’exposer à enfreindre le secret professionnel auquel je suis tenu, mais peut être un aspect qui prête à sourire.

Quelle est ta principale satisfaction dans ton métier ?

J’aime à croire que notre intervention permet d’ajouter un pièce à l’édifice de sécurisation de beaux projets dont tous les opérateurs de l’immobilier peuvent être fiers, et cela par le sérieux, la mise en œuvre de principes clairs et l’analyse de chaque cas comme une pièce unique.

Si tu avais d’autres professionnels à recommander, lesquels seraient-ils?

Outre les notaires .. dont les clients parfois anglo-saxons, peu habitués au système français ne saisissent pas – au lancement d’un dossier – le champ d’intervention exact ?

Je penserais au géomètres-experts, dont on oublie souvent qu’au-delà des mesurages immobiliers qu’ils effectuent régulièrement, ils procurent une compétence solide et précieuse en ce qui concerne des sujets divers comme par exemple les ensemble immobiliers complexes et les divisions volumétriques.

Je comprends j’aurai essayé (rire). Quel conseil aurais-tu à donner à un jeune de 18 ans qui voudrait faire ce métier ?

Ce n’est pas une question aisée, d’autant plus que le notariat s’est présenté à moi par une succession de choix d’orientation universitaire, mais sans avoir eu pour objectif initial de rejoindre cette Profession.

Ce jeune étudiant que j’ai été, je lui suggèrerais de ne pas hésiter à prendre goût à des matières moins « ludiques » que d’autres pans du droit, des sujets en apparence plus abrupts, tels que le droit civil des biens, des sûretés, de l’urbanisme, pour lesquelles, lorsqu’il trouvera de bonnes occasions de les appliquer à des cas concrets dans la « vraie vie », ne regrettera pas de s’être accroché durant sa formation.